J'attendais ces mots depuis si longtemps. Je les imaginais sortir de ta bouche trop rose pour venir se loger au creux de mon oreille. J'espérais que ces mots sentent la sincérité et que ce soit un délice d'y goûter. Ces mots auxquels on ne se lasse qu'au bout de quelques mois, quelques années pour certains. Tant de fois j'ai essayé de te les faire cracher de par mon regard, de par mes gestes, de par mon attention envers toi. Tu n'as jamais cédé, mais je n'ai jamais abandonné non plus. Mon espoir s'envolait et mon regard, toujours posé sur toi, ne voulait plus rien dire. Il était éteint, sans vie, sans amour, sans envie, sans couleur, sans rien du tout. Ainsi, je me sentais mieux sans toi. Il est difficile de dire ces choses là, mais quand mes yeux arrivent encore à atteindre les tiens, je ne suis que plus désemparée. Je n'ai plus cette agréable folie quand je te vois, ni cette envie démangeante. Je n'ai plus aucun sentiment apparent, ils sont enfoui derrière ces innombrables questions. Tes yeux ont été remplacé par un "pourquoi?" ta bouche par un "m'aime-t-il?" et ta beauté réunie par un "l'aimer ou l'oublier?". Je crevais d'amour pour toi, c'était comme souffrir en silence. Le manque de toi était comme un manque de drogue ou d'alcool. Une envie permanente de fumer, de consommer. Un enfermement sur sois même, négligeant tout ce qui n'a pas de rapport avec toi. C'est stupide. Et aujourd'hui, tu es là, devant moi, à me dire tout ce que je voulais entendre auparavant. Ce qui devait être doux, subtiles et tendre fait maintenant peine à entendre. Je ne ressent qu'un ennuie vraiment assommant devant cette façade de mots passionnés. Tu sais, l'amour n'est pas éternel, la lassitude fini toujours par prendre le dessus.